Au service de l'évangélisation des hommes adultes

Saint Ignace de Loyola

Ignace02

 

1491 – 1506  Enfance

Treizième et dernier enfant de la famille, la première jeunesse d’Iñigo se passe entre l’élégance relative du château de famille et la simplicité de la métairie d’Eguibar, où il est confié à sa nourrice. Les propos pleins de sagesse paysanne que tiennent ses compatriotes s’accrochent au fond de sa pensée taciturne. Les maximes que l’on a extraites plus tard de ses écrits, témoignent qu’il savait mettre le doigt où il fallait.

Bien qu’il reçut l’éducation des jeunes nobles, il ne s’adonna pourtant pas aux études. Mais mû par une sorte d’ardeur généreuse, il se livrait jusqu’à l’enivrement aux idées de gloire militaire.

1506 – 1517 Jeunesse à la cour

A l’âge de quinze ou seize ans, Iñigo est envoyé par son père à Arevalo, à la cour de Don Juan Velasquez de Cuellar, majordome du roi Ferdinand de Castille. Il y est éduqué dans le plus pur esprit des cours de son temps. Habile cavalier, maniant fort bien l’épée, il s’enthousiasme pour les romans de chevalerie.

1517 – 1521 Officier de la garde du corps du Vice-roi de Navarre

Après la mort du roi Ferdinand et celle de Don Velasquez, Iñigo doit trouver un autre protecteur. Le vice-roi de Navarre l’accueille comme officier dans sa garde du corps. Les luttes internes espagnoles sont pour lui l’occasion de faire valoir ses talents de diplomate.

Pomme de discorde entre la France et l’Espagne, la Navarre devient un champ de bataille. Pour Iñigo, la guerre succède aux amusements des tournois. Seule Pampelune résiste désespérément à l’avancée des troupes françaises de François 1er. Au moment où l’étau se resserre, Iñigo y court et devient rapidement l’âme de la résistance Jugeant honteuses les conditions de reddition obtenues par le commandant de la place, il les refuse et organise la défense. Le lundi 20 mai 1521, l’artillerie française bombarde la citadelle. Ignace est grièvement blessé aux jambes. La citadelle tombe et la ville se rend. Les français font transporter Iñigo à la demeure familiale de Loyola. Dans la nuit du 28 au 29 juin, veille de la fête de saint Pierre, après une opération alors que sa jambe brisée s’était mal ressoudée, Iñigo est à l’article de la mort.

1521 Convalescence et conversion

Durant les longues semaines de sa convalescence, Iñigo amorce toute un cheminement intérieur qu’il est convenu d’appeler sa conversion. Car jusque-là, « bien qu’il soit resté attaché à la foi, il ne vivait pas selon la foi », rêvant plutôt de hauts-faits d’armes et de conquérir une belle dame.

Sa lecture de la vie de Jésus et de la vie des saints vont alimenter sa réflexion et le détourner de ses anciennes lectures des romans de chevalerie. Les saints lui font découvrir un nouveau style de vie. En Jésus Christ, il découvre un nouveau roi au service duquel il veut se distinguer en prenant exemple sur les saints : « Que serait-ce si je faisais ce que fit saint François et ce que fit saint Dominique ? » Ainsi nourrit-il le projet d’aller à Jérusalem en mendiant, faisant comme les saints « des choses ardues et difficiles », pour y vivre et finir ses jours. Il commence à écrire dans un cahier ce qu’il retient d’important de ces découvertes. Progressivement, ce cahier deviendra le livre des Exercices spirituels.

1522 – 1523 De Loyola à Jérusalem

Il est à peu près guéri lorsqu’il prend la route. Cependant il restera légèrement boiteux toute sa vie. A l’abbaye de Montserrat, il prépare sa confession pendant trois jours. Puis après une veillée d’armes, il se consacre au service du Christ par la médiation de Marie, puis revêt le vêtement de pèlerin pour partir vers Jérusalem.

Les quelques jours prévu dans le village de Manrèse deviennent dix mois. Il y reçoit l’enseignement du Seigneur qui va progressivement lui ouvrir les yeux à la vie intérieure.

Dans une pauvreté totale, sans autre sécurité que sa confiance en la Providence, il part pour la Terre Sainte en 1523. Parce qu’on lui refuse l’autorisation de s’y établir, il rentre en Espagne via l'Italie. En même mûrit le projet de faire des études pour « aider les âmes ».

1523 – 1534 Etudiant en Espagne, puis à Paris

C’est un homme d’environ trente-trois ans qui recommence l’étude des bases du latin afin d’accéder aux études de philosophie et de théologie. Il étudie à Barcelone, Alcalà puis Salamanque. Pendant ce temps, il ne quitte pas l’habitude de mendier. Mais aussi il commence à aider des personnes dans les choses de Dieu. Le style de vie d’Ignace qui présentait extérieurement des ressemblances avec les mouvements illuministes alors importants, éveilla les suspicions de l’Inquisition. Devant la répétition des procès et emprisonnements abusifs, Ignace quitte l’Espagne pour Paris.

A Paris, il cesse de vouloir aider les âmes et de mendier, pour pouvoir étudier la philosophie puis la théologie. Grâce à son amitié généreuse et aux Exercices spirituels, il s’adjoint un groupe de compagnons, ses « six chers amis dans le Seigneur », profondément unis entre eux : Pierre Favre, François Xavier, Diego Lainez, Alonso Salmeron, Nicolas Bobadilla, Simon Rodrigues. A Montmartre, le 15 août 1534, ils font ensemble le vœu de pauvreté parce qu’ils jugent que c’est le chemin de réforme de l’Église.

1535 – 1538 Espagne – Venise – Rome

A la fin de ses études parisienne, après un séjour dans son pays natal pour raison de santé, Iñigo qui a pris désormais le nom d’Ignace, part pour Venise où le retrouvent les compagnons en 1537. Il est ordonné prêtre avec ceux des compagnons qui ne le sont pas encore. En attendant le moment de s’embarquer pour la Terre Sainte, ils se mettent au service des plus pauvres et prêchent l’Évangile.

La possibilité de se rendre à Jérusalem s’avérant impossible, ils se rendent à Rome en 1538, afin de se mettre à la disposition du pape « pour qu’il les envoie là où il jugerait les plus utile au service du Royaume de Dieu ». Ils sont envoyés à Padoue, à Sienne, puis jusqu’aux Indes.

1538 - 1556 Rome

Le groupe se pose alors la question de son avenir. Le résultat de leur discussion est une décision unanime : celle de donner à leur groupe une structure durable et forte qui donnera naissance de manière juridique à la Compagnie de Jésus en 1540.

Élu Préposé général par les compagnons, depuis Rome, il va durant seize années diriger la communauté qui est allée sans cesse grandissante, envoyant des compagnons à travers le monde. A sa mort le 31 juillet 1556, la Compagnie de Jésus compte près de mille membres.

D’après Josef STIERLI, s.j., Chercher Dieu en toutes choses, éd. Le Centurion, 1985

Articles en relation