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UN PEU D'INDULGENCE POUR NOS PECHES !

Des instituteurs osent de moins en moins organiser de sorties de classes, des jeunes craignent de passer leur BAFA ou leur BAFD, des infirmières se protègent à base de formulaires avant de quitter leur tour de service au cas où un malade viendrait à mourir et la famille à les poursuivre en justice.

C'est un fait de société actuel : beaucoup de nos contemporains semblent avoir un sens exacerbé de la justice. Dès qu'un fait malheureux a eu lieu, il faut en trouver les responsables, mieux les coupables. D'où une multiplication des circulaires pour tendre à un illusoire risque zéro et pour éloigner le plus possible les responsabilités . Pauvre de celui qui est au bas de l'échelle !

Il n'est pas facile de rechercher les causes d'un tel phénomène; d'ailleurs, nous n'en avons pas la compétence. Et pourtant ce serait intéressant. On y trouverait sans doute pêle-mêle la peur de la mort, la recherche du plaisir pour lui-même avec son corrélatif rejet de la souffrance, l'ignorance volontaire ou non du péché, le refus de reconnaître que l'on a mal fait, etc.

Point n'est besoin d'être grand clerc pour saisir que cela nous conduit à une société où se perd de fait le sens des responsabilités. D'où le refuge derrière des règlements administratifs. D'où un risque de pouvoir démesuré de l'administration et de l'Etat. Favorise-t-on ainsi la véritable liberté ? Aide-t-on des personnes, sujets de droits et de devoirs, à se construire ? Ne risque-t-on pas de fabriquer une masse d'exécutants dociles, parce que peureux, menés par quelques puissants qui tiennent les leviers de l'Etat, du fisc, des médias, de la finance ?

Qu'on nous comprenne. Nous ne nions pas le bien-fondé des rouages de l'Etat ni la nécessité d'une administration. Mais ils doivent être au service du bien commun. Nous trouvons normal aussi que la justice puisse s'exercer. Toute société qui se respecte doit en favoriser l'exercice.

Au seuil déjà de l'Année du Jubilé, nous remarquons que, dans le fond, c'est le coeur de l'homme qui est malade. Malade de ne pas savoir pardonner. C'est là un exercice difficile, mais combien apprécié, lorsque nous en sommes les bénéficiaires ! Et, précisément, au coeur du Jubilé, il y a le don de l'indulgence.

La grande indulgence de Dieu à notre égard a été le don de son Fils Jésus, mort sur la croix pour nos péchés et ressuscité. Aussi, en dernier ressort, la solution ne consisterait-elle pas à croire vraiment que nous sommes pécheurs ? Nous aurions alors accès à la Miséricorde de Dieu et à son indulgence. Et nous deviendrions miséricordieux et indulgents à notre tour. La peur s'éloignerait alors sans doute. SHALOM !

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