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C'est
un fait de société actuel : beaucoup de nos contemporains
semblent avoir un sens exacerbé de la justice. Dès qu'un
fait malheureux a eu lieu, il faut en trouver les responsables,
mieux les coupables. D'où une multiplication des circulaires
pour tendre à un illusoire risque zéro et pour éloigner le
plus possible les responsabilités . Pauvre de celui qui est
au bas de l'échelle !
Il n'est pas facile de rechercher les
causes d'un tel phénomène; d'ailleurs,
nous n'en avons pas la compétence. Et pourtant ce serait intéressant. On y
trouverait sans doute pêle-mêle la peur de la mort, la recherche du plaisir
pour lui-même avec son corrélatif rejet de la souffrance, l'ignorance volontaire
ou non du péché, le refus de reconnaître que l'on a mal fait, etc.
Point n'est
besoin d'être grand clerc pour saisir que cela nous conduit à une
société où se perd de fait le sens des responsabilités. D'où le refuge derrière
des règlements administratifs. D'où un risque de pouvoir démesuré de l'administration
et de l'Etat. Favorise-t-on ainsi la véritable liberté ? Aide-t-on des personnes,
sujets de droits et de devoirs, à se construire ? Ne risque-t-on pas de
fabriquer une masse d'exécutants dociles, parce que peureux, menés par quelques
puissants qui tiennent les leviers de l'Etat, du fisc, des médias, de la
finance ?
Qu'on nous comprenne. Nous ne nions pas le
bien-fondé des rouages
de l'Etat ni la nécessité d'une administration. Mais ils doivent être
au service du bien commun. Nous trouvons normal aussi que la justice puisse
s'exercer. Toute
société qui se respecte doit en favoriser l'exercice.
Au seuil déjà de
l'Année du Jubilé, nous remarquons que, dans le fond, c'est
le coeur de l'homme qui est malade. Malade de ne pas savoir pardonner.
C'est là un exercice difficile, mais combien apprécié, lorsque nous
en sommes les bénéficiaires ! Et, précisément, au coeur du Jubilé, il
y a le don de l'indulgence.
La grande indulgence de Dieu à notre égard
a été le don de son Fils Jésus,
mort sur la croix pour nos péchés et ressuscité. Aussi, en dernier ressort,
la solution ne consisterait-elle pas à croire vraiment que nous sommes
pécheurs
? Nous aurions alors accès à la Miséricorde de Dieu et à son indulgence.
Et nous deviendrions miséricordieux et indulgents à notre tour. La peur
s'éloignerait
alors sans doute. SHALOM !
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