Ces
propos sont inquiétants, pour ne pas dire plus. Essayons
de réfléchir
Il ne s'agit pas d'un constat du Général,
mais d'un souhait. D'une volonté ? Qui sait... ? Mais pour
l'instant nos populations d'Europe sont ethniquement unifiées
depuis longtemps et elles ne comptent encore dans leur sein
que des minorités différentes; et le métissage de celles-ci
avec les autochtones est très réduit. En tout cas, à s'en tenir à la
réalité qui vient de suite à l'esprit
: croisement racial. Tout indique cependant une progression dans un double
sens : immigration accrue d'une part (200.000 visas viennent
d'être accordés par notre
gouvernement pour le seul Maghreb), mariages mixtes plus nombreux d'autre part.
Le déplacement des populations en cause,
avec ses conséquences
naturelles de métissage, obéit à des lois de nature en même
temps que de prudence politique, de solidarité humaine et
chrétienne.
Il n'est pas pensable que les populations pauvres et prolifères
du sud de la Méditerranée ne cherchent à venir habiter
les pays riches et moins peuplés du nord. Comme dit le vieil adage : "la
nature a horreur du vide". Les lois peuvent freiner; elles ne peuvent
pas empêcher.
Aucune force n'est de taille pour aller au-delà... et aucune ne le doit.
En ce qui concerne le métissage, nous savons
que la différence de "race" n'est
pas un obstacle à la validité des mariages. Notre Eglise a lutté au
long des siècles pour cela. Par exemple, le Pape Calixte Ier (217-222)
avait pris des décisions autorisant les unions de patriciennes et de
plébéiens...
contre le droit romain de l'époque ! Pie XI (Pape de 1922 à 1939) déclara
nulles les interdictions de Mussolini concernant le mariage d'Italiens
et de femmes éthiopiennes,
lors de sa conquête de l'Abyssinie !
Ce que nous venons de rappeler
montre qu'il n'y aurait rien à dire, s'il s'agissait
d'un constat. Mais, on peut être inquiet lorsque le problème est celui
d'un combat des cultures. Or, c'est le cas chez nous en ce moment.
Le métissage
de populations de souche indo-européenne, qui sont celles de la vieille
Europe, ne poserait et n'a généralement pas posé de graves questions.
Il en est autrement quand il s'agit de juxtaposer, sinon de fondre,
non plus Français-Italiens,
Allemands-Hongrois, Autrichiens-Grecs (malgré l'éventuelle différence
de religion) mais Arabes musulmans et Européens aux racines judéo-chrétiennes.
Le métissage
ici ne sera spontané qu'à des niveaux très réduits et il s'accompagnera
probablement de grands troubles : culture contre culture, Religion
contre Religion.
Même cela pourrait ne pas sembler trop grave.
En effet, au regard du bien commun, avantages et inconvénients
peuvent s'équilibrer, bien qu'on s'entende
mieux d'ordinaire avec ses frères de race et de culture qu'avec
les autres. Mais, la bonne volonté aidant, on arrive à la coexistence
harmonieuse quand il y a mélange. Il doit y avoir place pour tout
le monde; dans le dessein du Créateur, la terre est à tous et tous
les biens sont destinés à tous les
hommes. En outre, tout homme a le droit de vivre en fonction
de sa conscience et de son identité propre. L'histoire montre aussi
que les Barbares qui ont finalement consommé l'empire romain, ont été intégrés
dans la communion de l'Eglise. On disait que, si un pays en vassalise
un autre de civilisation
supérieure, c'est ce dernier qui domine à la longue son vainqueur
par le biais de sa culture.
Ce qui nous gêne dans les déclarations
du Général, c'est qu'il ne constate
pas des faits résultant d'une "spontanéité naturelle", mais qu'il
semble souhaiter une imposition forcée du métissage. Peut-être
y voit-il un facteur de paix sociale. Quand bien même ce serait
vrai, on viole quelque part le droit naturel en provoquant les
mélanges
de races, de cultures et de religions. C'est une attitude dictatoriale,
comme le fut, en sens inverse, celle de Hitler et l'est
celle de Milosevic.
Il y a en outre l'illusion de l'uniformisation.
Tous métis ? L'expérience
infirme les espoirs de cessation de conflits par le fait
même.
Il y a en effet du plus et du moins dans le métissage et cela
suffit pour maintenir les oppositions. Un gramme de sang
blanc à la
Réunion vous fait appeler "blanc" par les noirs;
un même gramme de sang noir chez les Américains du Nord vous
fait appeler "black" par
les blancs.
A vouloir supprimer les différences de nature,
on égalise en dégradant. Le
Général Clark a dû parler dans un mouvement d'humeur devant les
difficultés
de sa tâche dans les Balkans ! Toujours est-il que ses interventions
nous aident à nous
rappeler que nous avons un seul Père, Celui qui est aux Cieux,
et que nous sommes tous frères. Des frères trop souvent ennemis
qui, pour se rapprocher et vivre pacifiquement ensemble, ont
beaucoup à se pardonner et à se faire
pardonner.