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LE "PACTE CIVIL DE SOLIDARITE".

Le 12 octobre prochain, l'Assemblée Nationale devrait se prononcer "définitivement" sur le "Pacte civil de solidarité".

Cette loi heurte nos convictions de catholiques et notre expérience de religieux et de prêtres.

*Catholiques, nous avons une vision de la sexualité basée sur la bi-polarité homme-femme telle qu'elle est voulue par le Créateur. Les personnes affectées de tendances homosexuelles n'ont pas à être jugées avec mépris et leur dignité égale doit être reconnue. Mais l'activité homosexuelle volontaire est un désordre grave qui ne peut de soi apporter aucun bien réel aux personnes concernées ni à la société. Au contraire. Nos frères homosexuels le savent bien.
Cette loi facilitant l'installation dans un désordre déshumanisant nous apparaît comme néfaste aux personnes et à la société.

*Religieux, nous sommes habitués à une vie fraternelle communautaire que nous connaissons bien. Elle est difficile et appelle sans cesse au renoncement de soi pour se donner à l'autre dans l'accueil, l'écoute, le pardon. La relation homosexuelle, basée sur le plaisir pour soi, donnant une grande place aux sentiments avec leur variabilité, n'excluant certes pas générosité et affection, ne va pas dans ce sens.
Nous savons quels efforts nous devons faire pour persévérer des années durant dans une vie commune empreinte de respect de l'autre et d'oblativité... et nous n'y parvenons qu'avec une ascèse et avec l'aide de la grâce de Dieu. Les unions homosexuelles, fondées sur des réalités somme toutes éphémères, sont rarement durables; elles le sont bien moins encore que les unions matrimoniales, elles-mêmes actuellement fort mal en point.
Cette loi, avec possibilité de répudiation, va faciliter l'inconstance et déstabiliser un peu plus notre société. On pouvait très bien trouver des solutions réglementaires ou des dispositions législatives relevant du "droit des biens" pour les personnes vivant de fait en concubinage hétérosexuel ou homosexuel.

*Prêtres, nous connaissons la souffrance des personnes conscientes d'être habitées par une tendance homosexuelle et luttant courageusement pour ne pas aboutir à des actes mauvais pour eux et pour le prochain.
Nous pensons qu'il faut aider tout être humain à renforcer sa liberté pour grandir en dignité. Cette loi facilitera malheureusement un état d'esclavage et d'avilissement qui n'engendre que tristesse et dégoût de soi. Les confidences reçues nous en convainquent facilement, hélas.

Remarques :

1. Le PACS propose une alternative au mariage, les obligations en moins.
En particulier, avec la reconnaissance d'un processus de répudiation, au détriment des plus faibles, nous sommes en régression et signons officiellement une volonté de décadence sociale.

2. Cette loi montre le désarroi de la majorité de nos hommes politiques : empêtrés dans le "politiquement correct", la proximité des groupes de pression et une ambition pour laquelle le plus grand malheur serait de ne pas être réélus, ils ne savent que penser et, s'ils "pensent" dans le sens du bien, ils donnent l'impression de n'avoir pas le courage de défendre leurs convictions.

3. Ainsi, ils s'installent dans la contradiction et y plongent davantage le pays : d'un côté, devant l'amoindrissement du sens civique et la croissance de la violence, ils nous appellent à exercer nos responsabilités dans le développement de relations sociales denses et régulées, de l'autre ils affaiblissent la famille, support fondamental de la cohésion sociale, par la création d'institutions alternatives.

4. Nous remarquons encore qu'une fois de plus on nous trompe en commençant par l'emploi d'un euphémisme. Sachant qu'une majorité de français avaient en horreur l'avortement, on avait parlé d'"interruption volontaire de grossesse". Ici et maintenant, on introduit la "solidarité", notion que chacun appelle de ses voeux, pour nous faire passer une réalité qui contient peu de solidarité et ne fera qu'en ôter à notre vie sociale.

Conclusion :

Nous regrettons l'attitude d'un grand nombre de nos députés et de nos sénateurs. Dans une atmosphère de rejet de Dieu et simplement de toute Loi naturelle, où l'on repousse toute possibilité de fondements objectifs auxquels il faudrait se soumettre, ne nous étonnons pas d'aller de dérive en dérive transformant notre soci été en un véritable "radeau de La Méduse".

Nous avons été heureux d'entendre se lever la voix de 20.000 maires de France suivant le bon sens et leur conscience. Nous leur rendons hommage. Mais nous sommes tristes de constater que cette voix a été étouffée par ceux à qui nous confions la mission de l égiférer.

Consacrés au Christ-Roi, nous prions souvent pour la France et ses gouvernants dont le rôle n'est certes pas facile. Avec joie, nous poursuivons notre mission d'éclairer les intelligences et les consciences à la lumière de l'enseignement du Christ et du Magistère de son Eglise. Cherchant à nous enraciner en Dieu, nous désirons être toujours ouverts, grâce à Lui, à toute détresse, aux "exclus" de toute sorte et aux hommes de bonne volonté rêvant d'une vraie civilisation, une civilisation où l'homme est premier, une civilisation de l'amour.

 

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