La virilité selon Mgr Rey (2) : l'autorité

AutoritéL' Autorité

La virilité, c’est l’exercice d’une autorité. On disait de Jésus : « Il parle avec autorité » (Luc 4, 32). L’autorité, c’est d’abord la cohérence. Quelqu’un qui a une autorité morale est quelqu’un qui dit quelque chose qu’il vit. Il y a adéquation entre son existence et ses paroles. C’est dans cette mesure qu’on disait de Jésus qu’Il parlait avec autorité.

Il y a deux aspects dans l’autorité : un aspect « support » et un aspect « guide ».

L’autorité comme support

Le support que représente l’autorité peut être comparé à un échafaudage : dans l’éducation d’un enfant, il est important de donner des structures stables sur lesquelles l’enfant va s’adosser pour grandir en humanité. Il faut lui donner une colonne vertébrale. C’est aspect est « statique »

L’autorité comme guide

L’autorité relève également d’une dimension dynamique : celle de guider. L’autorité est celle du « passeur« , de « l’initiateur« , de celui qui tire en avant et ouvre la route. Cet aspect de l’autorité caractérise une mobilité.

Je crois que la figure de saint Joseph est liée à ces deux aspects. Comme tout père, par l’exercice de la paternité, il rappelle la Loi, qui permet de sortir de la dimension fusionnelle avec la mère. Aujourd’hui, à une époque où nous vivons une assez grande féminisation de la société qui privilégie les relations chaudesfusionnellesgratifiant notre egonourrissant notre ressenti, le rôle du père est indispensable pour inviter à entrer dans un autre monde que celui de la mère.

Le père invite au détachement, au dépassement, voire à l’arrachement. Par exemple, Jésus à Jérusalem, lors du recouvrement au Temple, est « arraché » à la cellule familiale, au point qu’il dira : « Il faut que je sois aux affaires de mon Père » (Luc 2, 49). Ce détachement affectif correspond à un premier acte d’intelligence de la part de Jésus qui discourt avec les docteurs de la Loi.L’émergence de l’intelligence va de pair avec la distanciation, l’éloignement du tissu familial.

Saint Joseph rappelle la Loi, et en même temps, il aidera Jésus, dans son Incarnation, dans ce passage à une maturité humaine, et finalement à entrer dans son ministère public. La virilité, lorsqu’elle se fait service, aide l’autre à devenir lui-même, à devenir sujet de son histoire. On est père comme passeur. L’enfant ne nous appartient pas, mais il est un don de Dieu, il nous a été remis pour que nous l’aidions à accéder à une véritable liberté et à poser des choix par lui-même.

Mgr Dominique Rey – évêque de Fréjus-Toulon

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